Jeudi, Février 09, 2012

Invité de l’émission J-7 de Berbère Tlévision, Ali Dilem vide son sac


Le célèbre caricaturiste Ali Dilem n’a pas retenu sa langue hier soir lors de son passage dans l’émission hebdomadaire «J-7 i nezra mazal ad nzer» de Berbère Télévision. Usant du verbe, lui qui a l’habitude de s’exprimer depuis une vingtaine d’années de cela à travers des traits de crayons, dans une lucarne, en dernière page d’abord du quotidien Le Soir d’Algérie, puis Le Matin et enfin LIBERTE, Dilem a eu toute la latitude pour vider son sac.

Car, il en avait vraiment sur le cœur, lui qui se fait le devoir quasi journalier de réagir à l’actualité algérienne dont il suit le moindre détail. Statut qui lui a valu et lui vaut encore des détours quasi réguliers du côté des tribunaux pour la moindre évocation d’un ponte du régime.

Trouvant inconcevable que les noms du premier magistrat du pays, ou encore ceux de nos généraux soient proclamés tabous, Dilem affirmera ne pas hésiter à chaque fois que cela s’avère nécessaire, de les égratigner car avant et après tout, ce sont des personnages publics qui ont en main le destin de toutes une Nation.

Ils doivent bien des comptes au peuple, dira-t-il, avant d’avouer s’être, une fois, trompé, relevant au passage avoir quitté Le Matin pour une histoire de censure qui en disait pas son nom. Il louera de mérite, à ce sujet, son actuel responsable, le directeur de LIBERTE qui, affirme-t-il, ne consulte mes dessins qu’une fois publiés.

Le coup de force constitutionnel


Dilem ne fera point de cadeau au locataire du palais d’El-Mouradia qui, dit-il, n’a jamais compati aux douleurs profondes de son peuple, même pas un message de condoléances aux victimes de la barbarie intégriste islamiste. Il est totalement déconnecté de la base, affirmera Dilem, regrettant amèrement le fait que le syndrome de l’oubli ait déteint justement sur les populations.

Il se lamentera sur les scènes de liesse aux quatre coins du pays ayant suivi la victoire de l’équipe nationale de football sur son homologue… de Zambie, au lendemain du massacre d’une vingtaine de gendarmes à Bordj-Bou-Arreridj.

Dénonçant le coup de force constitutionnel du 12 novembre dernier ayant permis au président Bouteflika de s’assurer allègrement une troisième mandature, Dilem dira laconiquement : nous ne sommes pas totalement dans une monarchie mais nous ne sommes pas dans une république.

Il s’interrogera à ce sujet sur la présence encore dans le gouvernement de personnes, responsables du massacre des 124 jeunes en Kabylie, lors des tragiques événements du printemps noir ayant embrasé cette région, à l’heure, dira-t-il, où on court derrière les terroristes criminels pour leur offrir divers avantages matériels (logement, locaux et indemnités, …)

Au sujet des démêlés judiciaires du prince du rai, par ailleurs condamné à cinq ans de prison ferme, le caricaturiste se contentera d’une réplique lourde de sens: après Khalifa, c’est le tour de Mami, deux personnages qui comptent dans les amitiés du président de la république ! Sans commentaire, fihel awal ou no comment !

Amnay.K



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