Le quotidien « La Dépêche » suspend son apparition après cinq mois d’existence
Le denier né de la presse privée d’expression française, La dépêche, a cessé aujourd’hui mardi de paraître suite, apprend-on auprès de quelques employés, à de sérieux problèmes de fonctionnement.
Un problème d’hommes à l’origine d’une situation d’incompatibilité d’humeur ou posant un cas de leadership ? En tout cas une situation financière désastreuse, due essentiellement à l’inexistence de recettes publicitaires, mettait ces derniers temps les responsables de cette publication dans l’incapacité d’étoffer une rédaction nécessaire à la fabrication d’un journal lu.La dépêche, qui met fin à un parcours «long» d’à peine cinq mois d’existence, n’aurait pas vécu plus longtemps que ça s’il devait compter sur seulement le produit de la vente. Aucun autre journal ne tiendrait, d’ailleurs, la route sans recettes publicitaires conséquentes. Les plus petits d’entre eux, ceux comme La dépêche dont les tirages dépassent rarement les 5.000 exemplaires, vivent la main tendue vers l’agence nationale de l’édition et de la publicité (ANEP), l’organisme d’Etat à qui le gouvernement a accordé le monopole sur la publicité institutionnelle et du secteur publique économique.
Deux poids, deux mesures
Les initiateurs de cet ex hebdomadaire devenu quotidien d’information générale depuis le mois de mars ne devraient pas craindre de dénoncer, face aux dizaines de pages publicitaires commandées par l’ANEP aux nombreux «petits titres» de la presse privée, une politique injustifiée de deux poids deux mesures.
Encore que cette histoire de monopole sur la publicité est en contradiction flagrante avec la loi sur l’autonomie des entreprises publiques dès lors que la publicité est, en elle-même, un acte de gestion. Le gestionnaire soumis à des obligations de résultats doit avoir la liberté de choisir le titre qui garantirait le mieux la promotion du produit qu’il compte mettre sur le marché. Surtout en contexte d’économie de marché. Donc de concurrence.












