Yennayer: les jours de la vieille ou Les jours de l’emprunt : Ussan n umerdil
Incontestablement,Yennayer a de tout temps constitué pour nos montagnards principalement la période la plus redoutée de par la sévérité et la rigueur qui la singularise des autres mois de l’hiver. C’est à juste titre d’ailleurs qu’elle symbolise famine et stérilité eu égard aux neiges abondantes et autres pluies torrentielles qui, d’une part, cloîtrent hommes et bêtes dans les maisons et provoquent des dégâts importants, parfois même des pertes humaines d’autre part.
Mais il y eut, dit-on, une année qui remonte à très loin, où ce mois s’est manifesté autrement en faisant montre d’une clémence inhabituelle étonnant plus d’un. Pas une trace de pluie ou de neige n’a été enregistrée cette année-là et le mois suivant, Furar, était à une journée de son installation dans une transition qui allait s‘effectuer sans aucun accroc. Néanmoins, c’était compter sans l’offense et l’affront subis par Yennayer de la part d’une vieille bergère qui, poussant son mépris à son maximum, aurait lancé, les yeux levés vers le ciel : « ttez dek a yennayer, igenduzen-iw fghen ». Propos qui insinuent le défi de la bergère pour qui la réputation de Yennayer n’était que leurre et tromperie puisqu’elle a toujours mené son troupeau paître sans se soucier de la nature du temps.
Comparable à un humain touché dans son amour propre, Yennayer « sollicite » alors auprès de Furar assistance sous forme de prêt d’une seule journée, juste le temps de ‘’corriger’’ la vieille insolente. « ttixl-ek a furar, efk-iyi ass d yidh ad nghegh tamghart ghef mnar », aurait-il dit à son successeur qui lui concéda sept jours. Période mise à profit par Yennayer pour déclencher de violente chutes de neige et de pluie qui ont en raison et de la vieille bergère et de son troupeau.
Depuis, raconte-t-on, ces jours que l’on baptisa jours de la vieille ou jours de l’emprunt (ussan n umerdhil en kabyle), coïncidant avec la fin de Yennayer et le début de Furar sont les plus redoutés.
A.K.












