Lundi, Mai 21, 2012

Chakib Khellil "la taxe carbone est discriminatoire"


Au moment où la fièvre atteint son pic à Copenhague dans les débats consacrés à un accord mondial sur le réchauffement climatique, le ministre de l’énergie et des mines, Chakib Khelil s"exprime à partir d'Alger sur les conséquences de l’application d’une taxe carbone sur les pays producteurs de pétrole.

« Si la taxe carbone est appliquée, les pays producteurs de pétrole et de gaz risquent de connaître une chute de leurs revenus », a relevé Chakib Khelil sur les ondes de la chaîne III de la radio nationale. Le ministre estime ces pertes à l’horizon 2050 à 3000 milliards de dollars.

La cherté du gaz et du pétrole qu’induira une éventuelle taxe poussera la demande à la baisse. Ce qui aura selon la même source à long terme des implications à long terme sur les revenus des pays pétroliers. Jugeant que cette taxe relève de la discrimination, le  premier responsable du secteur de l’énergie en Algérie s’est interrogé sur l’inexistence d’une taxe charbon.

« La taxe carbone s’applique au pétrole et au gaz et pas au charbon, alors que le charbon est plus polluant. Donc, la taxe carbone est discriminatoire », a  indiqué le ministre. Lequel rappellera l’imposition faite déjà par les pays développés à travers des taxes  importantes sur les prix pétroliers qui peuvent atteindre les 80 % en Grande Bretagne, par exemple. Ce qui va à l’encontre des producteurs de pétrole  mais qui profite au même temps aux pays développés. Ces derniers ne cherchent en effet, selon le ministre, qu’à relancer leur machine économique travers des mesures comme  la taxe carbone.

Sur un autre plan,l’invité de la chaîne III est revenu sur les conditions d’un accord stratégique sur l’énergie avec l’Union européenne (UE)

« Pourquoi nous signerions un accord avec l’UE si cet celui-ci ne s’applique pas à chacun des pays membres. Pour le moment, les discussions sont en cours ? », s’est interrogé le ministre avant de poursuivre : « Qu’est-ce qu’on obtiendrait en retour de la signature de cet accord stratégique dans lequel nous nous engageons à assurer l’approvisionnement et la sécurité énergétique de l’Europe ? »

ce qu’attend réellement l’Algérie d’un tel accord est le transfert des technologies et une ouverture du marché européen de l’énergie. “Nous avons eu beaucoup de problèmes pour commercialiser notre gaz en Europe. Il n’est pas évident que demain lorsque nous voudrons exporter de l’électricité, nous ayons un accès facile au marché européen. Cette question se pose pour les grands projets d’exportation de l’électricité solaire », a expliqué le ministre.

Il reste donc à attendre la réponse européenne à toutes conditions. Mais d’ores et déjà l’on peut devniner que l’accord stratégique sur l’énergie ne sera pas conclu de sitôt.




 



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