Energie électrique, des chiffres pour «éclairer» l’Europe et les sceptiques d’Algérie
L’Algérie exportera pour plus de 4 milliards de dollars d’énergie électrique, disait-on début 2000. Le pays ne vendait pas encore pour autant de dollars ses énergies fossiles et le citoyen, qui n’entendait alors parler que de dette extérieure et de programme d’ajustement structurel, se demandait bien de quel mensonge le nouveau pouvoir s’apprêtait déjà à lui remplir le ventre.
L’impératif des équilibres macroéconomiques cachait mal les drames microéconomiques dus, précisément, aux mesures de privatisation d’entreprises, de fermeture des plus boiteuses d’entre elles, de licenciement et autres ponctions sur les salaires de ceux qui avaient la chance d’être maintenus en activité.
Le nouveau chômeur, pas encore au courant des investissements susceptibles de faire passer la capacité nationale de production de 5907 MW en 2000 à 8502 MW à fin 2008, comprenait mal comment l’exportation de l’électricité pouvait être plus rentable que celle du gaz et du pétrole. A moins de tabler sur les deux. Et encore… Mais voilà que, dix ans après, ce qui semblait être un propos sans fondement est, peut-être, en train de devenir une réalité.
Certes dix ans après, après bien sûr que les cours du brut eurent atteint des pics à 147 dollars le baril. Des revenus qui permirent des investissements autrement plus ambitieux. Donc des capacités de production à même de satisfaire la consommation nationale et une partie de la demande étrangère.
Une fable ? Dans un rapport cité par l’APS, le ministère de l’Energie et des Mines a indiqué, hier, que les capacités algériennes de production d’électricité devraient atteindre 12771 MW en 2012. Un bond en avant se justifiant par «la mise en service prochaine d’une trentaine de centrales électriques le long des quatre années à venir, dont 16 d’une capacité de 1726 MW livrables avant fin 2009 et 13 autres, d’une capacité de 2543 MW, seront réceptionnées entre 2010 et 2012.»
En attendant, la production nationale est passée de 25 TWH (térawatt/heure) en 2000 à 40 TWH en 2008 et la longueur du réseau de distribution est de 206 903 km à 263 820 durant la même période. Des chiffres qui parlent à la fois de la forte croissance de la demande interne et de l’adaptation de l’outil de production ; mais qui restent muets face aux fréquentes coupures de courant et autres opérations de délestage.
Sonelgaz a beau aligner des données de l’ordre de 32,6 TWH de consommation nationale en 2008, elle n’aura pas pour autant sorti du noire ceux qu’elle a souvent soumis aux coupures inexpliquées de courant. Ni remis en marche tous les appareils électroménagers endommagés du fait de ces coupures et autres cour-circuits. Manque de savoir-faire ? En tout cas, à notre niveau, la décision est prise de maintenir allumés tous les feux de lacite… dz bien entendu !
M.F












