Lundi, Mai 21, 2012

Le gouvernement se rend compte du casse-tête d’un week-end semi-universel et ordonne aux banques de travailler les vendredi matin


Les banques et établissements financiers présents sur le territoire national devront, désormais, ouvrir les vendredis matin de 8h à 12h, a-t-on appris aujourd’hui de source bien informée.

 

La mesure, longuement discutée au ministère des Finances, a finalement eu l’aval du Premier ministre «convaincu du désagrément causé aux travailleurs et aux clients des banques obligés de s’absenter un jour ouvrable pour encaisser leurs salaires ou accomplir diverses formalités bancaires», explique encore cette source proche du département de Karim Djoudi.

 

L’instruction sera prochainement adressée aux établissements financiers dont les personnels n’auront plus que la demi-journée du vendredi et la journée de samedi pour repos hebdomadaire. Le changement d’une fin de semaine idéologique en un week-end semi-universel aura alors créé plus de problèmes qu’elle n’en a réglés.

Tout le monde, dans les secteurs économiques et de l’enseignement, se plaint de cet aménagement inadapté d’un week-end qui n’arrange ni les affaires des employeurs ni celles des employés, encore moins la scolarité des enfants désormais soumis à des volumes horaires de forçats condamnés à des travaux forcés. Une situation qui pousse à l’explosion sociale tant le ras-le-bol est d’ores et déjà général.

Y faire face revient, dans un pays où l’illusion d’un pouvoir homogène consiste à lier illégitimement le barbéfélène Belkhadem à l’éradicateur Ouyahia, à proposer de fausses solutions à de vrais problèmes. Comme maintenir vendredi jour de repos officiel pendant que nos voisins, musulmans pratiquants aussi bien au Maroc qu’en Tunisie, se contentent du temps nécessaire à la grande prière hebdomadaire.

Leurs gouvernements seraient-ils mécréants d’avoir maintenu en «terre d’islam» le week-end universel ? En tout cas ni le monarque alaouite ni le président tunisien ne s’aventure, comme c’est le cas chez nos gouvernants, à sacrifier le concret pour l’abstrait. Deux dirigeants qui peuvent se vanter de faire leur le hadith qui recommande au musulman «d’œuvrer à améliorer son train de vie comme s’il devait vivre éternellement et à se préparer la mort à tout instant».

Comme quoi l’intérêt matériel ne s’oppose en rien au devoir spirituel. Et inversement. Une réalité qui n’échappe, chez-nous, ni au président de la République ni à son Premier ministre. Allez comprendre comment Bouteflika, qui avait pourtant pris l’engagement public de réformer notamment la justice, l’Etat et l’école, conformément aux recommandations des commissions composées d’éminents experts, a finalement maintenu dans la médiocrité et l’obscurantisme tous les secteurs vitaux du pays.

Changer une ampoule grillée ne règle en rien le problème d’éclairage quand le plan d’électricité est lui-même défectueux. Cependant une remarque : faire travailler les banquiers un vendredi n’est pas une atteinte à la mesure légale de faire du jour sacré le jour de repos officiel ?

Sans doute, mais tout a un début. Surtout quand des décisions, toutes les décisions prises sous pression idéologique, finissent par conduire droit dans le mur.



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