Lundi, Mai 21, 2012

Le trafic maritime Alger-Marseille plombé par les mesures de la loi de finance.


Elus et chefs d' entreprises de la région sud-est de la France engagent une démarche en direction du gouvernement algérien en réaction aux mesures de restrictions des importations décidées fin juillet dans le cadre de la loi de finance.

 

Une délégation extraordinaire d'élus de la région Provence- Alpes-Côte d'Azur (PACA), conduite par son président Michel Vauzelle (Parti Socialiste), a été reçue dimanche par Ahmed Ouyahia, Premier ministre.

« Nous aurons ainsi l'occasion de présenter au Premier ministre algérien nos projets pour encourager les échanges entre l'Algérie et Marseille dans un intérêt partagé et notamment le projet d'une Maison de Marseille-Provence », avait déclaré Michel Vauzelle, président la Région PACA initiateur de la démarche, avant son départ sur Alger.

De leur côté, les chefs d'entreprises avaient également fait le déplacement en délégation les 22 au 24 novembre pour rencontrer les principaux décideurs publics et privés et « faire des propositions », selon le MEDEF 13 (Mouvement des Entreprises de France), organisation syndicale qui fédère les organisations patronale.

L'Algérie est en effet le 2ème client du port de Marseille-Fos et le 1er des Bassins Est. Les expéditions vers l'Algérie (100 000 T par mois) représentent près de 10% du trafic global de marchandises diverses du port et ce volume est estimé à 40% dans les bassins Est.

Le chiffre d'affaires de certaines sociétés de la région dépendrait à 75% des exportations en direction de l'Algérie. En 2008, les échanges entre le port de Marseille-Fos et l'Algérie avaient progressé de 8% pour totaliser 8,7 millions de tonnes.

Cette bonne évolution du trafic a été considérablement ralentie par les mesures arrêtées fin juillet à Alger dans le cadre de loi de finances complémentaire pour 2009, notamment le paiement par le seul crédit documentaire (Crédoc) à la place de la remise documentaire (Remdoc) qui permettait aux importateurs des facilités de trésorerie.

La taxation à hauteur de 3% des services achetés à l'international ainsi que l'interdiction totale d'importer des engins de TP d'occasion ont également contribué au ralentissement du trafic. 

L'Union Maritime et Fluviale Marseille-Fos (UMF) évalue à environ 40% la baisse du trafic en direction de l'Algérie depuis l'application des mesures en question. Selon les opérateurs, outre les manutentionnaires, sont également pénalisés par cette situation les consignataires et transitaires marseillais, sans compter le tissu de PME dont l'activité est directement dépendante des importations algériennes.

Premier partenaire économique de l'Algérie (16,5% de part de marché, 10,5 Milliards d'euros de flux croisés), la France est par ailleurs confrontée à une intensification de la concurrence internationale et notamment italienne (11,9% de part de marché) et chinoise (10,2%).

C’est cette situation que sont venus exposer les élus de la région sud de la France, reçus dimanche par Ahmed Ouyahia. Sans doute n’avaient-ils pas la tâche facile en raison de l’état actuel des relations franco-algériennes, plutôt tendues par les temps qui courent.



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