Lundi, Mai 21, 2012

Loi de finances complémentaire : l’économiste Mourad Preure regrette le «déficit de communication» de la part du gouvernement


L’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) a initié hier un débat autour de la très controversée Loi de finances complémentaire 2009. Invité à cette conférence tenue à l’hôtel Mouflon d’Or à Alger, le Dr. Mourad Preure, économiste, a qualifié les récentes mesures instituées par la dernière Loi de finances complémentaire 2009 (LFC), ainsi que celles qui l’ont précédée, de « brutales », estimant qu’il y a un « déficit de communication » de la part du gouvernement.

« Je trouve aussi qu’un minimum de concertation dense avec le secteur économique, les associations patronales, les représentants des commerçants et des travailleurs aurait été nécessaire pour arriver à ouvrir un optimum de mesures qui soient réalistes dans leur mise en application », a-t-il ajouté, avant de préciser que la démarche du gouvernement lui rappelait l’« approche russe ».

Des intérêts menacés

Le conférencier n’a pas été tendre avec la presse non plus, estimant que celle-ci versait dans une espèce de «catastrophisme ». Incontestablement, pour le Dr. Preure, il y a des intérêts qui ont été menacés «sinon, argue-t-il, il n’y aurait pas eu cette levée de boucliers à travers notamment l’imposition des crédits documentaires et la suppression des crédits à la consommation ».

Néanmoins, le conférencier trouve que certains aspects « importants » de la LFC 2009 méritent d’être mis en exergue, comme par exemple le taux de bonification au profit des jeunes entrepreneurs, l’investissement dans la recherche et le développement de la recherche qui bénéficie de 3 millions de dinars, etc.

Par ailleurs, Mourad Preure a estimé que la question de la souveraineté nationale doit être reformulée totalement. « Il ne peut pas y avoir de souveraineté s’il n’y a pas une performance économique, si les entreprises ne sont pas performantes et si celles-ci ne s’alignent pas sur les standards internationaux », a-t-il prévenu.

L’Etat, ajoute-t-il, est tout autant responsable de la santé des entreprises que de celle des citoyens. Or, il se trouve qu’aujourd’hui l’industrie représente seulement 5% du Produit intérieur brut (PIB), ce qui a fait dire à l’économiste que l’Algérie est « un pays sans usines ».

Le Dr. Preure a enfin qualifié d’« extrêmement dangereux » le contexte économique du pays, du fait de l’augmentation des importations et de la chute drastique des exportations.



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