Lundi, Mai 21, 2012

Médicaments, polémique entre le DG de la Pharmacie centrale et le président de l’association des malades chroniques


La question de la pénurie des médicaments dans les hôpitaux a cette fois mis en confrontation le directeur général de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH), qui rassurait sur la disponibilité de la quasi-totalité des produit, et le président de l’association des personnes atteintes de maladies chroniques, qui, chiffres à l’appui, dénonce une rupture de stocks non-stop de différents types de médicaments.

Qui du patron de la Pharmacie et des représentants des gros consommateurs de médicaments a menti ? Et qui dit vrai ? Extraits de l’exposés de M.Delih, le DG de la Pharmacie centrale : «l’Etat prend en charge l’ensemble des pathologies, y compris les maladies dites orphelines, et la PCH importe tous les médicaments, de là où ils se trouvent à travers le monde» ; «les vaccins contre la grippe porcine et les masques de protection sont disponibles, de bonne qualité et en quantités suffisantes» ; «la gestion des médicaments est conditionnée par un dialogue : l’absence de concertation est source de perturbations au niveau des pharmacies et des hôpitaux» ; «les directeurs des hôpitaux doivent faire leurs demandes à temps pour permettre à la PCH de prendre ses précautions».

 

Ce qui revient à dire que la pénurie des médicaments en milieu hospitalier est un vain mot si, et seulement si, les directeurs des secteurs sanitaires et des hôpitaux pouvaient se discipliner et maîtriser un peu plus les outils de gestion.

Autrement dit l’Algérie a les médicaments qui lui faut, la pharmacie pour leur bonne gestion mais pas de directeurs aptes à assurer convenablement l’approvisionnement des hôpitaux. Telle est la conviction de M. Delih, le DG de la Pharmacie centrale qui répondait hier aux questions de journalistes venus nombreux suivre son intervention au forum du quotidien El Moudjahid.

Sauf que, une fois le débat ouvert, un autre son de cloche a failli faire l’effet d’un démenti. M. Boualleg, le président de l’association des personnes atteintes de maladies chroniques, s’empressa de remettre tout de go les pendules à l’heure : «des problèmes existent, les ruptures de stocks et les pénuries aussi», a-t-il en effet rétorqué en informant le conférencier du harcèlement dont il est l’objet de la part de malades de plus en plus nombreux à ne point trouver de médicaments. «75 produits étaient en rupture de stock l’a dernier, et cette année on en est à 125», a-t-il enfin rappelé, soutenu en cela par des représentants d’associations présents dans la salle, qui ont tous regretté que plusieurs malades meurent à cause de l’indisponibilité de médicaments.

Qui ment ? Qui dit vrai ? En tout cas une chose est sûre : le secteur est scandaleusement mal géré. L’heure est à la maffia du médicament.

Mas Aghilès



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