Plan quinquennal 2010-2014 : au moins 20% des projets seront confiés à des opérateurs algériens
Le code des marchés publics sera bientôt révisé et l’opérateur national ne sera plus, dans le cadre du texte revu et corrigé, la « roue de secours » pour la réalisation de tel ou tel projet. Les pouvoirs publics reviennent enfin de l’illusion d’atteindre le développement sans une réelle politique du «compter sur soi», et la mouture en cours d’élaboration accorde à l’entrepreneur algérien un rôle d’opérateur pilote et non d’un simple sous-traitant.
Voilà pourquoi «la réalisation d’au moins 20% des projets objet du plan quinquennal 2010-2014 sera confiée à des entreprises publiques et privées nationales», a annoncé le ministre de la PME et de l’Artisanat qui inaugurait, hier à Alger, le Centre d’information et de documentation de l’artisanat traditionnel et d’art.
«Un atelier de travail a été installé récemment au niveau du gouvernement pour étudier la possibilité de favoriser davantage les entreprises publiques et privées nationales dans l’attribution des marchés publics», a en effet révélé le ministre, convaincu du bien fondé de la démarche de l’Exécutif.
Le propos de Benbada prolonge ceux du ministre des Finances et du Premier ministre qui, récemment devant les députés, a crânement défendu «la justesse et l’efficacité des mesures contenues dans la loi de Finances complémentaire pour 2009», relatives à la restriction du crédit à la consommation et au crédit documentaire (crédoc). C’est aussi un témoignage d’une certaine solidarité gouvernementale autour d’une démarche d’encadrement de l’économie.
Patriotisme éconmique
Sauf que, en Algérie, le problème se pose moins en terme de textes que de volonté de les faire respecter. Soit en usant de subtilités juridiques ou du fait du prince. Exemple : quand Benbada reconnaît que le code encore en vigueur des marchés publics stipule que l’offre d’une entreprise nationale doit être favorisée «même lorsque son montant est supérieur de 15 % à celle d’un concurrent étranger», il n’hésite pas à souligner que «la préférence nationale ne devrait en aucun cas se faire au détriment de la qualité».
Souci de performance ? San doute. Mais c’est souvent un prétexte de sélection d’un soumissionnaire étranger. Même quand il s’agit de projets qui ne nécessitent pas de technologie de pointe, voire de savoir-faire encore inaccessible aux opérateurs nationaux.
Un indice : la quasi-totalité des projets du précédent quinquennat 2005-2009 ont été confiés à des entreprises étrangères. 180 milliards de dollars ! Un gros lot duquel des intermédiaires avisés ont quand même pris leur «tchipa». Et nos PME sous-traitantes des rogatons.
Un précédent que la démarche Ouyahia se propose d’enrayer par la mise en œuvre de la loi d’orientation des PME, qui incite les pouvoirs publics à opter pour les entreprises nationales dans l’attribution des marchés, et la révision prochaine du code des marchés publics. 150 milliards de dollars attendent d’être consommés durant le quinquennat 2010-2014. Cinq ans de patriotisme… économique.
M.F












