Prêts à la consommation : le gouvernement met les verrous
Fini les prêts à la consommation et en particulier ceux destinés à l’acquisition de véhicules. Cette soupape de secours rendait service à un nombre sans cesse croissant de ménages aux budgets modestes. Le gouvernement lui donne un coup d’arrêt. La directive du ministère des Finances, qui est entrée en vigueur le 29 juillet, ne concerne pas toutefois les prêts hypothécaires ni les prêts à la consommation en cours.Le ministère des Finances n'a pas jugé utile de fournir une explication aux usagers des banques. Cela n’est de toute façon pas dans la tradition de l’Administration algérienne. Le fort taux d’endettement de ménages à petits revenus constitue cependant un facteur non négligeable qui pourrait justifier la mesure. Mais pas seulement. La motivation est surtout d’ordre économique, liée à la chute des recettes en devises qui ne permettent plus de maintenir le même rythme d’importation ( environ 35 milliards de dollars par an).
En effet, la baisse des cours du baril a divisé par deux les recettes, tandis que les prix des produits importés, comme les voitures, les machines à laver ou l'alimentation, continuent de progresser.
Et le reste des chiffres est pour le moins significatif de l’impasse dans laquelle est l’économie algérienne, dépendante des seuls hydrocarbures.
Selon des statistiques publiées le mois dernier par les douanes, les exportations
algériennes ont atteint 20,7 milliards de dollars en valeur au premier semestre, en baisse de 46,5% par rapport à la même période de 2008.
L'excédent commercial est passé de 19,75 milliards pour les six premiers mois de l'an dernier à un milliard pour le premier semestre de cette année.
Cela étant, plutôt que de prendre ainsi des mesures brutales, sans souplesse et qui lèsent la grande masse des classes moyenne, le gouvernement Ouyahia serait peut-être mieux inspiré de mettre de l’ordre dans le secteur de l’importation et de faire la chasse à toutes les niches juteuses dont se gavent nombre de barons et de prête noms. Il y a sûrement beaucoup d’économie à faire de ce côté-là.












