Jeudi, Février 09, 2012

Au pays des seuls enfants de chouhada et des moudjahidine, les vrais et les faux


La pension des veuves de chahid sera reversée aux enfants en cas de décès des bénéficiaires, a déclaré mardi M. Mohamed Chérif Abbas, ministre des Moudjahidine, sur les ondes de chaîne II de la radio nationale.

La nouvelle doit être accueillie avec la plus grande satisfaction par les filles et fils de chahid, dont les plus jeunes ne devraient pas être loin de la cinquantaine. Aussi ne devraient-ils plus s’inquiéter de leur situation socio professionnelle dès lors que l’Etat algérien, reconnaissant du sacrifice de leurs pères morts les armes à la main, leur offre l’avantage de percevoir une rente de retraite après seulement 25 années de cotisations sociales et un reversement à vie de la pension de «veuve de chahid» une fois la titulaire décédée.

Une situation des plus enviables qui ne tarderait pas à faire réagir ceux dont le papa a aussi pris part à la guerre sans, hélas, y laisser la vie. En attendant d’entendre à leur tour les petits-fils du moudjahid et du chahid réclamer leurs droits à ce type de rente.

Il suffit, pour cela, d’être du chœur de ceux qui, comme Mohamed Cherif Abbes ou le barbéfélène Belkhadem, font de la répétition du slogan «la France doit reconnaître ses crimes coloniaux» une preuve de leur attachement à Novembre 54. De l’attachement plutôt que de la participation puisque des acteurs encore en vie, les vrais des vrais, dont Ait Ahmed, Réda Malek et autres Omar Boudaoud, on entend des communications et on lit des œuvres sur l’histoire commune à la France coloniale et à l’Algérie révolutionnaire.

Mais il est vrai que ceux qui ont vu se passer la révolution justifient leur absence des champs de batailles par des attaques verbales contre l’ancienne puissance coloniale. Une surenchère s’accompagnant de distribution d’avantages et rentes diverses aux enfants de moudjahidine morts ou encore en vie en vue seulement de grossir les rangs de «la famille révolutionnaire».

Un clan qui, envers et contre tous, prend déjà en otage un pays où plus personne ne semble avoir envie de perdre encore son temps. Un immense territoire nord africain où un système malfaisant a remplacé le message de Novembre et les recommandations du congrès de la Soummam par un ordre scandaleusement islamo-bâthiste. L’ordre sous lequel les jeunes, faute d’un système éducatif performant et d’une politique d’insertion sociale et professionnelle, prennent le maquis ou périssent en haute mer. Parmi lesquels, peut-être, ceux dont la docilité se paye à coup (quel coût !) de rentes de retraites aménagées et de veuves de chahid reversées.

Voilà pourquoi Nordine Ait Hamouda, tout comme d’autres enfants de héros de la révolution, préfère l’opposition au système qui fait du passé du colonel Amirouche son fonds de commerce.



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