Coopération Algéro-égyptienne : un «cas d’école» de triste mémoire
Jeune instituteur, je débutais ma carrière d’enseignant en 1971. Notre directeur d’école me confia la lourde tache de prendre en charge deux cours de sixième année. A l’époque les classes étaient dites bilingues car les élèves bénéficiaient de leçons de calcul dispensées en langue française.
Je me suis mis au travail. Le programme de sixième de l’époque s’exécutait selon la méthode dite « Abad et Renaud » du nom de ses deux concepteurs et nous l’appliquions aussi durant les leçons de calcul.Pendant deux mois, j’ai essayé patiemment d’inculquer à mes élèves ce qu’est un nombre décimal puis à additionner, à soustraire, à multiplier, et à diviser des fractions. Peu à peu les bambins commençaient à digérer ces notions très ardues et quelque peu abstraites.
Un jour en fin de semaine et voulant faire une halte pédagogique pour évaluer la progression et l’assimilation de mes élèves un exercice leur fut proposé. Je me suis rendu compte que les enfants ne savaient plus additionner deux fractions.
Le maître d’arabe, un égyptien, était passé par là ; figurez-vous, mes amis qu’il détruisit tous mes efforts en une fraction de seconde. Il leur démontra par je ne sais quel miracle qu’un demi ajouté à un tiers donnait deux cinquièmes.
Lui faisant remarquer gentiment qu’on ne pouvait pas additionner les choux et les chèvres mais qu’il fallait passer par un dénominateur commun, il se borna à me répondre : « Nahnou fi misr kida.» J’ai mis deux semaines pour réparer ses dégâts.
Cette cohorte de cloportes ignares et sans culture que le gouvernement égyptien nous envoya fut je pense la plus grande erreur politique des dirigeants de notre jeune nation.
Les tristes individus qui arrivèrent chez nous étaient soit des chômeurs dont les niveaux scolaires étaient très disparates et parfois nuls mais avec des diplômes de complaisance soit des islamistes (frères musulmans) dont le pouvoir égyptien voulait se débarrasser.
La seule chose qu’ils ont semée dans les âmes pures de nos enfants ce sont les graines empoisonnées d’un islamisme intolérant qui nous dirigea malheureusement tête baissée vers la guerre civile et le terrorisme. Une opportunité unique s’offre aux modernistes de notre pays pour ouvrir une page nouvelle.
Le moment propice tant attendu est à saisir. Nos dirigeants peuvent mettre le pays sur la rampe et décoller vraiment maintenant qu’un consensus quasi général se dessine pour une identité nationale assumée en dehors des chimères d’une Ouma que l’histoire vient de bouter hors de notre pays.
Djillali M













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