Déclarer la guerre à l’économie de bazar, une volonté politique qui fait défaut
Le soutien à l’investissement national, public ou privé, figure à présent en tête des objectifs du ministère des Finances. Le gouvernement Ouyahia laisse ainsi supposer qu’il n’entend pas dormir sur ses lauriers, après un renouvellement au complet des ses ministres. Il envisage visiblement de faire bouger l’économie nationale dans le bon sens, vers la création de valeur ajoutée. Nul ne s’en plaindra.
Cet indicateur (l’investissement) est quasiment revenu au degré zéro, le chômage, des diplômés notamment, est en progression constante dans un pays transformé en immense souk. Reste à espérer que les belles déclarations de Karim Djoudi, ministre des Finances, qui compte ainsi «asseoir notre développement» soient réellement suivies d’effet.Le gouvernement annonce aussi vouloir lutter, à travers la loi de finance complémentaire 2009, contre la fraude, l’évasion fiscale et la contrefaçon. Diable ! Un refrain fort bien connu des Algériens, tout comme celui de la chasse à la corruption, repris d’ailleurs par le président de la République. Nul n’y croit vraiment.
Et pour cause, les opérateurs de l’économie informelle baignent dans un marigot qui leur sied à merveille. L’argent en liquide y coule à flot, le chèque, qui peut laisser des traces, existe pour la forme, le travail au noir est devenu monnaie courante, les combines fiscales et la fuite des capitaux une activité très répandue dans ce petit monde des grosses affaires, dont les ramifications prospèrent jusque dans les rouages de l’Etat.
Dans un tel conteste, les mesures en question, fussent-elles officialisées par loi de finances, sont un prêche dans le désert qui doit tout au plus amuser les nouveaux milliardaires.
Pour transformer les choses et remettre l’économie à l’endroit, il faut plus que ce «chuchotement». Il faut la volonté politique de mener une véritable campagne d’assainissement de l’économie nationale. De déclarer la guerre à l’économie de bazar qui enfonce tant d’Algériens dans la mouise.












