Jeudi, Février 09, 2012

Du Salon Internationale du Livre (SILA) à la Cour suprême, Bouteflika déçu de voir ses hommes confondre entre Etat et Dar Khali Moh


La brièveté de la virée inaugurale du Salon international du livre n’étonne finalement pas plus que la présidence expéditive de l’ouverture de l’année judiciaire. Deux Boutef en un provoquent en effet la curiosité de ceux qui, se souvenant de l’ambiance bon enfant et des envolées marquant les mêmes rendez-vous l’année d’avant, peinent à interpréter le dégout d’un président inaugurant comme à contre cœur l’évènement du «chapiteau», et le dépit d’un chef de chantier de réformes lamentablement ratées.
Celle de la Justice tout comme celles de l’Etat et de l’école. Passons sur la tête de morts que donnaient à voir la veille le chef de l’Etat et sa ministre de la Culture : pas un jeu d’acteur ou de comédien ne mettrait en valeur avec autant de netteté le tragique d’une scène que l’attitude de Bouteflika ou le malaise de Mme Toumi exprimait l’échec d’une politique et la fin d’un règne.

Pire encore le lendemain quand, moins loquace que d’habitude et d’une voix inaudible, le président expédie en un quart d’heure l’évènement de l’année judiciaire. En quelques mots dits dans l’allocution la plus courte depuis son accession au pouvoir. Sans conviction. Sans commentaire ! Si le pamphlet «Poutakhine» provoque les foudres du président et déclenche la censure 24 heures avant l’inauguration du Salon du livre, les scandales de l’autoroute Est-Ouest achèvent de ranger le pays parmi les paradis de… la corruption impunie.

Seul Dar Khali Moh permet au coût de réalisation d’un projet de passer sans point ni virgule de sept à onze milliards de dollars. Donc sans contrôle de quatre milliards en billets verts partis en pots de vins dans un pays fait pourtant d’institutions comme le fisc, l’IGF, la Cour des comptes, la gendarmerie, la police et les services de renseignement du DRS.

Mais un pays où le scandale khalifa a fait des petits partout dans les banques publiques devenues, elles aussi, des Dar Khali Moh d’où clients, chefs d’agences et caissiers sortent les poches pleines. Souvent de milliards de dinars au vu et au su de tous. Sans parler de ceux qui, dans des services communaux ou de wilaya, rançonnent le citoyen pressé d’obtenir le moindre document. Où va ce pays où le travailleur peine à joindre les deux bouts alors qu’une nouvelle vague de bandits, chômeurs le jour et pilleurs de sable de mer la nuit, amassent des fortunes inimaginables ? Inimaginable !

Surtout quand les 7 mis en cause dans le scandale de l’autoroute comptent parmi eux un haut fonctionnaire titulaire d’un compte en banque en Espagne crédité de la somme de 200 millions de dollars.

Mas Aghilès





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