Icebergs judiciaires
Celle-ci est la toute dernière : un jeune chômeur a falsifié un document présidentiel sur la base duquel des personnalités étrangères ont pratiqué la chasse aux faucons dans le Sud algérien. Un chômeur ? Inimaginable ! Pourtant le mis en cause, récemment mis sous mandat de dépôt, a reconnu son forfait devant le juge d’instruction près le tribunal de Bir Mourad Raïs, la juridiction où le procès sera bientôt programmé. Donc rien à dire sur la véracité des faits et la justesse de l’instruction.
Sauf que, pour être impartial, le tribunal devrait juger dans le même procès le jeune chômeur auteur des faits et le système à l’origine d’autant d’icebergs judiciaires. Le prévenu qui a certes empoché illégalement la contrepartie financière du document vendu aux chasseurs étrangers a du donner leur part, sans doute le gros lot en devises fortes et non point des rogatons, à ceux qui ont permis son obtention.
Lesquels sont ces prédateurs qui agissent avec davantage de liberté à la présidence qu’un renard dans le poulailler ? De simples employés de l’institution ou de vrais commanditaires se situant dans la haute hiérarchie administrative ? En tout cas dans cette affaire comme dans d’autres, khalifa banque entre autres, les lampistes seuls seront punis pour atteinte à l’économie, la sécurité nationale et…à une espèce protégée.
Le procès de la caisse principale de khalifa résonne au son de plusieurs noms de ministres et de dirigeants d’institutions de l’Etat à la place desquels des personnes comme Ighil, l’ex-entraineur national et Benaceur, le DG de la CNAS, semblent avoir injustement payé. Seule l’extradition de Moumen vers Alger permet de connaître le vrai du faux dans ce que le commun des Algériens qualifiait à juste titre de scandale du siècle.
Il faut dire qu’on était loin d'imaginer qu’un autre scandale éclate à la figure du pouvoir en place, le scandale de l’autoroute Est-Ouest où sept pontes du régime, dont le secrétaire général du ministère des Travaux publics et un colonel du DRS, sont impliqués pour corruption. Pour des millions et…des millions de dollars en pots de vin versés directement dans des comptes personnels à l’étranger.
Tout cela se passe à un moment où aucune des réformes engagées par le Président n’a été appliquée conformément aux recommandations des experts, à un moment où à la grève succède partout l’émeute avec, cependant, le risque d’atteindre l’irréparable. La société est grosse d’un véritable mouvement de masse.
Mas Aghilès












