Jeudi, Février 09, 2012

Les vendeurs de ferraille et le complexe d’El-Hadjar


Si les opérateurs de l’import-import et les exportateurs de déchets ferreux et non ferreux (quelle grosse expression pour des ramasseurs et revendeurs de ferraille !) s’effarouchent pour les uns et sortent de leur terrier pour les autres pour tirer tous azimuts sur la Loi de finances complémentaire 2009, alors ce texte contesté par des gens contestables est bon, salutaire pour l’économie nationale. Avec, bien entendu, toute la relativité qui sied à pareille conclusion…

Lorsqu’elle fut rendue publique, cette loi de finances complémentaire a reçu les tirs groupés du gros de l’opinion publique –à travers ses porte¬-paroles auto désignés, les médias, notamment la presse écrite– et d’opérateurs économiques. La première, en raison de la suppression du crédit bancaire destiné à la consommation, principalement l’achat de véhicules neufs ; les seconds, pour le «durcissement» des procédures dans les opérations d’importation, centré autour du fameux crédit documentaire qu’ont découvert cet été les journalistes algériens sans en comprendre les tenants et les aboutissants.

Les opérateurs de l’import, eux, ont bien saisi les visées –et surtout les effets– de cette inédite loi de finances complémentaire. Inédite de part sa teneur en dispositions concrètes et par le fait qu’elle ait ouvert un véritable débat (chose si rare dans le pays). Débat qu’ont animé,au-delà de leur poids économique réel, les concessionnaires automobile, touchés, il faut le dire, doublement : par le durcissement de la procédure d’importation et la suppression du crédit à la consommation (autant l’appeler crédit automobile)..

D’autres « opérateurs économiques » se sont plaints de cette loi de finances complémentaire de façon osée, jusqu’à demander des comptes au gouvernement et vouloir lui dicter leur loi à eux, celle du profit à outrance des mamelles d’un Etat vache à lait.

La nouvelle orientation imprimée à l’économie nationale n’a pas gêné que les importateurs. Il y a aussi les exportateurs –quoique ce soit trop dire, ils existent ; seulement, ce ne sont pas les producteurs d’entre eux qui se sont exprimés publiquement mais une catégorie bien particulière et dont l’activité est des plus controversées, ceux qui font dans l’export de cette « marchandise » pudiquement appelée «déchets ferreux et non ferreux».

Leur « comité national » a tenu une conférence de presse, début octobre, au cours de laquelle son président a affirmé que l’arrêt de leur activité –dans le sillage de la récente mesure d’interdiction de l’exportation de produits à base de matières premières subventionnées– « s’inscrit en porte-à-faux avec l’objectif de la promotion des exportations hors hydrocarbures »…pas moins que ça!

Entre-temps, à la rentrée, le gouvernement s’est attelé à éclaircir le texte portant loi de finances complémentaire, essentiellement par la voix du ministre des Finances, qui a expliqué que le crédoc (pour les initiés) était l’instrument par excellence de la sécurisation des transactions du commerce extérieur et explicité que la nouvelle orientation de la politique économique s’articulait sur la redynamisation de la production nationale.

Illustration de cette politique : la SNVI (Société nationale des véhicules industriels) a été boostée par les nouvelles et récentes commandes de camions et d’autocars par les secteurs des transports et des collectivités locales. Une autre société mythique, l’Eniem, semble en train de (re)prendre de l’essor ; jeudi, son directeur général a indiqué qu’après l’effacement de ses dettes par le gouvernement le chiffre d’affaires de l’entreprise avait substantiellement augmenté.

Un sauvetage financier qui vaut le coup sachant que l’Eniem, tout comme l’Enie, possède un label de qualité, particulièrement compétitif devant les grosses marques appartenant aux multinationales de l’électroménager et de l’électronique.

Un autre ancien fleuron du tissu industriel algérien a fait parler de lui en cette rentrée 2009 : le complexe sidérurgique (depuis 2001 filiale Arcelor Mittal) d’El-Hadjar, qui, après les déclarations faites à la mi-juillet par le P-dg «encourageant» les « départs volontaires », voit sa cokerie fermée, depuis quelques jours. Ajoutant à l’incertitude qui planait déjà sur le complexe dont la cession au géant de l’acier mondial arrivera à terme dans deux ans, en octobre 2011 ; et que se passera-t-il ensuite : le bail sera-t-il reconduit ? Et là, la question concerne et Arcelor Mittal, qui investit de moins en moins dans sa filiale algérienne (depuis avant la crise financière mondiale), et l’Etat, qui affiche une volonté de reprendre en main ses complexes industriels.

Cherif Berkache



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Commentaires  

 
0 # abdourahmane 2010-05-04 22:42 salu je v acheter du feraille avec livraison mon num est 00221773095508 Reply | Citer | Citer
 
 
0 # Emchanef 2010-05-17 16:04 bonjour
à ma connaissance on dit "de la" ferraille et pas "du" ferraille
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