Lundi, Mai 21, 2012

PANAF 2009 : que la culture fleurisse à nouveau, mais sous le soleil de la démocratie !


Torrent de couleurs, de danses et de chants, bouquet de l’expression artistique continentale dans sa diversité, le 2ème festival panafricain fait battre le cœur de l’Afrique dans Alger la blanche. Il plonge la capitale dans une ambiance de fête dont on avait perdu jusqu’au souvenir. Donne de l’Algérie l’image d’un pays à la reconquête de son rayonnement culturel et artistique.

Et du coup, ce torrent-là charrie aussi des grappes de mots et d’expressions plutôt inattendus. Tendons l’oreille : on évoque un "immense moment de tolérance et d'écoute des autres". On qualifie l’évènement de "libre expression", reconnaissant que "là où il n'y a pas de culture, il n'y a pas de démocratie, car c'est par la culture que l'on faire comprendre aux gouvernés et gouvernants que la vie est une question de partage". Merveilleux!

Ces mots sont ceux de Zouaoui Benhamadi, membre du comité exécutif de la manifestation, chef du département communication du Festival. Ce n’est certes pas l’opinion d’un politique, mais elle n’en mérite pas moins quelques commentaires.

En effet, il est bon de l’entendre dire ! Culture et démocratie sont effectivement indissociables. C’est le couple antidote à l’obscurantisme qui étouffe notre société, à l’intégrisme qui y prend racine et la gangrène.

Le pouvoir serait bien inspiré de tenir compte de cette vérité et de faire en sorte que le PANAF 2009 soit vraiment le début d’une nouvelle ère.

Il pourrait, par exemple, nous débarrasser au plus vite d’un parlement constitué de béni-oui-oui et le renouveler sans recourir à la fraude électorale. Mettre fin à la censure sournoise de l’opposition politique et des hommes de culture qui ne sont pas aux ordres, à la pression exercée sur la presse qui ose une liberté de ton, à la manipulation du tissu associatif et à la réhabilitation scandaleuse des assassins.

Il pourrait aussi, écouter enfin le désespoir des harraga, en faire une cause nationale et se mobiliser en conséquence à travers des programmes spécifiques d’emploi et de formation, plutôt que de s’obstiner à les jeter en prison.

A supposer que le communicateur officiel de l’évènement exprime une opinion partagée dans le sérail, c’est là la moindre des cohérences entre le discours et les actes.

Sans trop se faire d’illusions, rien n’interdit enfin d’espérer que dans le sillage du PANAF 2009, la culture fleurisse à nouveau, mais sous le soleil de la démocratie !



Ajoutez ce contenu dans votre réseau social favoris
Reddit! Del.icio.us! Mixx! Free and Open Source Software News Google! Live! Facebook! StumbleUpon! TwitThis Joomla Free PHP

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir