Résistance: la preuve par... le stade du 5 juillet
Lors du match de football Algérie – Uruguay, un fait inédit a été enregistré, pas dans les annales de la balle ronde en Algérie mais dans la vie, dans l’histoire du pays. En une dimension autre que celle de la compétition sportive, de la victoire de l’équipe nationale devant un double champion du monde, une sélection parmi les meilleures d’Amérique latine et du globe. Là, l’enjeu n’était pas sur la pelouse mais dans les tribunes du 5 – Juillet. Et le pari a été gagné. Des femmes au stade !? Accès interdit ! Inscrit dans un code social ‘‘traditionnel’’ renforcé ces deux dernières décennies par la main mise d’un conservatisme idéologique qui a profondément pénétré dans les sphères sociale et politique, dans la rue, dans les structures de l’Etat.
Les modernistes de façade, bien en place sur les hauteurs de l’Etat et sa périphérie ont, il y a longtemps, trouvé la parade pour justifier leur immobilisme: « C’est la faute au peuple ! D’ailleurs, il a voté FIS (Front islamique du salut)…» Quelle réplique à pareille sentence ? Plus percutant que de rappeler comment a été avantagé le mouvement islamiste (par l’ensemble des pouvoirs qui se sont succédé depuis l’Indépendance), jusqu’à la compromission politique, voire militaire –à commencer par cette fameuse (et factice) trêve de l’AIS (Armée islamique du salut, branche militaire du FIS) jusqu’au en ce temps des repentis... Ce sont là d’autres histoires et moins percutantes que l’histoire du mercredi 12 août au 5 – Juillet.
Les tribunes du stade étaient égayées par de jolies femmes. Des Algériennes venues supporter leur équipe nationale. Et ça a paru naturel au reste des Algériens. Ça n’a choqué personne; du moins, nulle désapprobation publique n’a été exprimée. Même les porte-voix du conservatisme et autres gardiens de la morale n’ont pas osé une objection à l’annonce de la décision ou une quelconque critique après coup… Quoique le peuple soit en avance sur ses gouvernants, ces derniers l’ont –une fois n’est pas coutume– devancé et fait un effort contre la misogynie d’essence intégriste, avec l’ouverture du stade 5 – Juillet aux femmes.
Toutefois, sur une autre question teintée d’un trop plein de religiosité, ils ont marqué le pas, voire fait un pas en arrière, pour un (faux) pas en avant. Il a été opéré un changement de week-end. L’opinion publique en est à se demander à quoi il a vraiment servi, la situation demeurant inchangée pour le secteur financier, censé être le principal visé par ce changement de week-end, et les choses se compliquant pour d’autres secteurs d’activité et affectant toute la société lorsqu’il s’agit par exemple de l’école, avec l’adoption de ce système hybride qui montre si besoin est comme le système est compromis avec l’islamisme, beaucoup par intérêt, un peu par appartenance idéologique. Le fait est que l’on n’a pas osé toucher au vendredi. Et n’allez pas dire « le peuple… »
Cherif Berkache













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