Zapatero, Ksentini et Tartuffe
Aucun pays n’est à l’abri… la fameuse « communauté internationale » ne s’en est rendu compte que lorsque fut ciblé l’Occident par un attentat d’envergure, que furent touchés de plein fouet les Etats-Unis d’Amérique alors que l’Algérie était depuis près de dix ans dans la tourmente du fait d’un terrorisme d’obédience islamiste –dont les premiers activistes ont transité par l’Afghanistan (où les Américains ont allumé le feu de la guerre permanente il y a trente ans) et les camps d’entraînement de Peshawar au Pakistan (ouverts par les mêmes Américains).
Ces Occidentaux qui parlent aujourd’hui d’ « islamisme modéré » peuvent-ils traiter de leur fascisme avec la même légèreté et concevoir un nazisme (ou le franquisme ?) modéré? Cet énoncé même est pour eux politiquement blasphématoire à l’extrême ! Extrême, c’est la position idéologique de l’islamisme par rapport aux notions d’Islam, islamique et musulman. C’est la politisation –le plus souvent adoubée de violence– de la religion islamique ou musulmane.
Zapatero ne doit pas ignorer ces données (le contraire serait grave) mais il fait de la politique…En tous cas, son gouvernement ne ménage pas les islamistes sur le sol de son pays, procédant à des arrestations au moindre doute, quitte à ce que les griefs les ayant motivé s’avèrent infondés. Et il mène une guerre sans merci aux activistes basques pourtant nettement moins « radicaux » que les islamistes.
En fait, Zapatero n’a pas inventé cette dichotomie « radicaux » – « modérés ». En Algérie, terre théâtre d’une entreprise terroriste tendance islamiste ouverte il y a dix sept ans, elle est chantée en chœur dans l’opérette de la république ; mieux, non seulement les islamistes sont politiquement tolérés jusqu’à faire partie de la coalition gouvernementale mais même les plus « radicaux » d’entre eux, ceux qui ont pris les armes, sont l’objet d’une telle attention !
A tel point qu’aujourd’hui, après toutes les largesses dont ont bénéficié ces terroristes, des cercles au sommet de l’Etat –pour ne pas dire l’Etat tout court– avancent l’idée de l’amnistie générale.
Un porte-voix de ces cercles, l’avocat Farouk Ksentini, président de la Commission consultative nationale de promotion et de protection des droits de l’Homme, structure dépendant de la présidence de la République, a déclaré le 24 septembre que « l’amnistie générale est inévitable pour consacrer définitivement la paix ».
Lui emboîtant le pas, un second rôle, Abdelkrim Abidat, président de l'Association pour la sauvegarde de la jeunesse, a lancé le 29 septembre : « L’ONU a célébré la journée internationale de la paix ; l’Algérie célèbre quant à elle, le quatrième anniversaire de la Charte portant Réconciliation nationale. »
Et voilà qu’un autre acteur de ce théâtre japonais cher à Yazid Zerhouni, Khaled Bounedjma, président de la Coordination nationale des enfants de chouhada, a annonce jeudi qu’il allait mener une campagne de sensibilisation en faveur de cette amnistie… Le fascisme toléré. Avec lequel on compose en Algérie. Qu’on classe en « radical » et « modéré » – mesuré à l’once de ses intérêts et selon que cela se passe chez lui ou chez les autres– par un Occident tartuffe représenté par un Zapatero pas aussi niais qu’il ne paraît, devant un Ksentini aux allures du Tartuffe de Molière au moins par la question du mariage de raison avec Marianne, représentant (pas la France) l’Algérie…
Cherif Berkache












