Droits de l’homme, le Polisario saisit l’ONU sur le sort des prisonniers politiques sahraouis
L’ONU doit-elle demeurer impuissante face aux exactions commises par les services d’ «insécurité» royale sur les populations sahraouies dans les territoires occupés ? L’arrestation de militants du front Polisario, puis leur emprisonnement sans raison autre que l’attachement au droit du peuple sahraoui de disposer de lui-même, a poussé le président de la RASD à sortir de sa réserve.
Mohamed Abdelaziz vient en effet de demander au secrétaire général de l’ONU d’intervenir au plus vite pour «la libération immédiate et sans conditions, ni restrictions» de tous les prisonniers politiques sahraouis. Mais que peut Ban Ki-moon faire de plus qu’il n’a déjà fait ? Le remplacement d’un émissaire onusien coupable de partialité par un autre réputé intègre ne s’est pas réalisé sans trop de vagues. Le paquebot ONU vogue au gré des vents, et ceux-ci soufflent en direction de l’intérêt bien compris.
C’est pourquoi il n’y a pas qu’Israël ou Les Etats-Unis d’Amérique pour oser mépriser l’ONU et défier le monde. Le Maroc, puissance à peine apte à rouler des mécaniques au Sahara occidental, fait lui aussi litière des recommandations de l’Assemblée générale de l’ONU et des résolutions du Conseil de sécurité.
Au plan Baker comme aux efforts de Christopher Ross visant une solution juste du conflit, il oppose sa proposition, la seule, d’autonomie des territoires sahraouis sous souveraineté marocaine. A défaut de quoi la situation de statut quo sera maintenue. Aussi longtemps, d’ailleurs, que le Polisario continue de lutter pour un référendum d’autodétermination et ses militants, actifs partout dans les territoires occupés, persistent à sensibiliser le monde sur leurs conditions de vie et les agissements inhumains des forces de l’occupant. Dont l’arrestation d’hommes politiques, agression et autres sévices corporels contre des militants des droits de l’homme.
Le cas d’Ennama Asfari, un citoyen sahraoui condamné l’an dernier à six mois de prison ferme, montre de quelles atrocités usent les forces de répression marocaines. Tout sauf le moindre fait, la moindre idée qui redonne vie à la question sahraouie. D’où l’arrestation, le 14 août dernier, du défenseur sahraoui des droits humains à Tantan, une ville du sud du Maroc. Les informations en provenance des territoires occupés se déclinent toutes dans les mêmes termes : la victime a été maltraitée, torturée puis jetée en prison. Tout cela pour avoir rappelé le droit du peuple sahraoui de disposer de son destin.
Voilà pourquoi de plus en plus de voix s’élèvent pour exiger que la Minurso, la mission onusienne présente sur les lieux, dispose enfin d’un organisme chargé de la protection des droits de l’homme. En attendant de pouvoir faire la lumière sur le sort des 500 disparus sahraouis et des 151 prisonniers de guerre dont personne ne sait s’ils sont morts ou vivants.
FM












