Lundi, Mai 21, 2012

Les patriotes bouillonnent après l’attentat de Bordj Bou Arréridj. Le sang qui a fait déborder la vase


Depuis le dernier attentat de la semaine dernière, la spectaculaire embuscade de Mansourah qui a coûté la vie à 18 gendarmes escortant des travailleurs chinois, un grand malaise a gagné de larges pans de rescapés du terrorisme qui ont sacrifié une décennie de leur vie à combattre la pieuvre intégriste.

 

A Alger, les gars se contactent discrètement pour débattre de la situation, du terrible bilan de l’opération terroriste catastrophique de BBA.

Le ras-le bol est général et ceux qui avertissaient il y a quelques mois sur les dangers d’une réconciliation aux forceps, sont aujourd’hui les plus écoutés.

«C’est pas bon de mettre le dossier dans les mains de ceux qui n’ont pas eu à combattre les hordes de sanguinaires…» Taher. K. a soixante ans au moins et mâche nerveusement un chewing-gum imaginaire en clignant des yeux.

Il propose tout de suite une lettre ouverte à faire signer par deux ou trois figures de la lutte anti-terroriste. Ils sont une quinzaine de vétérans dans ce petit local discret d’Alger.

Des vétérans de Larbaa, Collo et autres maquis jadis infestés de criminels qu’ils ont pu déloger grâce à leur engagement auprès des forces républicaines de sécurité.

L’ANP, la BMPJ et les gendarmes (cible de deux gros attentats en quelques mois) savent tous que sans ces patriotes issus de la société civile cette situation de retour au calme précaire n’aurait jamais été envisageable.

Aujourd’hui, malgré la victoire de l’équipe nationale sur la Zambie, comptant pour les éliminatoires de la Coupe du monde, les vieux renards du maquis refusent la diversion. «Une victoire polluée par notre nouvelle lâcheté ! Jusqu’où allons-nous laisser les terros reprendre le terrain ? S’il faut qu’ils viennent nous égorger un par un au nom de la réconciliation nationale, alors fallait baisser le pantalon en 1994!» vocifère Si Sélim, un autre héros, proche de feu Sellami, un autre patriote exemplaire assassiné dans une localité de la Mitidja.

Si Sélim préfère un plan d’action plus ferme qu’une simple lettre ouverte au président : «Que ceux qui ont encore des c… viennent avec moi dans les rédactions de journaux pour lancer un ultimatum aux décideurs. Soit ils reprennent la situation en main en suspendant toute réconciliation jusqu’au retour au calme total, soit on s’en occupe comme en 14!

C’est à ce moment là que les braves résistants lorgnent vers nous et nous demandent de quitter les lieux pour les besoins d’un huis clos.

«La presse sera informée au moment opportun. Pour l’instant laissez-nous nous vider de cette rage face à une situation injuste. Trop d’enfants précieux de cette Algérie sont tombés cruellement pour qu’on se taise. Vous pouvez en être sûrs!»



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