Le premier secrétaire national du front des forces socialistes (FFS), Karim Tabbou accuse ouvertement le pouvoir algérien de travailler en faveur des intérêts de l’occident.
M. Tabbou qui s’est exprimé lors d’une conférence-débat qu’il a animée, dimanche matin, dans la localité d’Adekar à Bejaia, à l’occasion de la célébration du 47éme anniversaire de l’indépendance de l’Algérie. Il n’a pas ménagé le pouvoir algérien auquel il reproche d’être « le complice directe» des USA et d’autres pays européens notamment, dit-il, dans les domaines de la «sécurité et de l’émigration clandestine».
Le N° 2 du plus vieux parti de l’opposition algérienne est allé loin dans ses accusations pour affirmer que «les bases-arrières du terrorisme, présenté sous la nouvelle appellation El-Qaida Maghreb islamique, se trouvent à…El-Mouradia ». Autrement dit, le terrorisme est enfanté par le régime pour se maintenir toujours au pouvoir.
Dans le même sillage, M. Tabbou affirmera encore que l’actuel pouvoir veille plus sur les intérêts de « ses complices étrangers » que sur ceux du peuple algérien. Selon Tabbou, le pouvoir algérien déroule le tapis rouge pour les occidents, en leur facilitant notamment l’accès aux richesses naturelles, les hydrocarbures.
Pour leur part, explique M. Tabbou, les pays occidentaux, conscients de la menace de l’émigration des africains vers l’Europe, veulent faire des pays de la rive sud de la méditerranée « des prisons pour le peule africain». D’où, dit-il, leur soutien aux régimes des pays de l’Afrique du Nord pour lutter contre l’émigration dont le nombre d’émigrants vers l’Europe, selon une récente étude, peut atteindre 90 millions de personnes d’ici à 25 ans. Ce qui se présente donc, comme étant une réelle menace pour l’économie européenne.
Le phénomène de la Harga et la responsabilité du pouvoir
Sur le plan national, le représentant du parti d’Ait Ahmed a remis sur la table des discussions tous les fléaux frappant ces dernières années la société algérienne. A commencer par le phénomène de la harga qui prend de plus en plus des proportions alarmantes. «Un phénomène dont le pouvoir assume l’entière responsabilité » a estimé M. Tabbou soulignant que « la harga n’est pas le résultat de l’influence des médias occidentaux, (la parabole), sur la jeunesse algérienne, comme aiment a répéter nos officiels ».
Au contraire, dit-il, les jeunes algériens ont résisté à la tentation de la harga même durant les années de braises, (la décennie noire), mais «plus aujourd’hui, avec un pouvoir pareil».
Tabbou évoque par ailleurs, le conflit de Berriane (Gherdaia), dont il attribue également la responsabilité aux dirigeants. « Le pouvoir algérien ne veut plus du FFS, ni d’une population organisée dans cette région du Sud algérien pour le seul faite qu’elle n’est pas loin des gisements du pétrole ».
Sur un autre plan, le secrétaire du FFS qui dit accepter démocratiquement de recevoir des questions de militants du RCD présent dans la salle, s’est attaqué farouchement à Said Sadi et sa politique «pro-pouvoir». Pour Tabbou, « Sadi n’est autre que le représentant de la diplomatie du pouvoir ».
Féraoun. AB












