Jeudi, Février 09, 2012

Hommage à Hachemi Cherif, un homme politique d'exception, disparu le 2 août 2005


Un seule être vous manque...
Il avait été des tout premiers à avoir vu poindre la face hideuse du fascisme qui allait enlaidir, ensanglanter et décimer comme on déboise les meilleurs enfants de l’Algérie. Rompu à toutes les luttes au terme de son parcours de maquisard, de syndicaliste et de dirigeant clandestin dans l’opposition, sa claire intelligence l’avait fait s’écarter de la vision bon enfant d’une démocratie qui subordonnait bien tranquillement l’exercice de la souveraineté populaire à l’intégration des forces liberticides et rétrogrades.

Hachemi Cherif se consacra alors corps et âme à la tâche principale, imminente, de faire converger les tendances sociales différentes, voire opposées, pour faire barrage au projet théocratique et totalitaire ; il n’a pas hésité pour ce faire à remiser les doctrines et les dogmes de sa propre chapelle politique pour ne pas déroger à son credo qui place au-dessus de tout le salut de l’Algérie.

Il savait mieux que quiconque que le culte de la spontanéité, l’amoindrissement de l’élément conscient entraîneraient nécessairement un renforcement de l’idéologie rétrograde. Il liait intiment son action, son combat et ceux de ses partis successifs au besoin vital et impérieux d’une société moderne et de progrès et qui se présente à l’Algérie comme Etat, société et nation en termes de vie ou de mort.

Il assénait, sans jamais s’en laisser conter, les exigences de transformation de l’Etat, de disqualification de l’islamisme politique et du système rentier bureaucratique pour sortir le pays de la crise et lui ouvrir les vraies perspectives de progrès.

Hachemi ne s’est jamais fondu aux bateleurs du néant et aux camelots de l’inconséquence accrochés à leurs magouilles, à leurs combines et à leur réélection qui sont leurs seules raisons de vivre.

Vigilant, Hachemi l’est toujours demeuré avec lucidité et l’on s’est toujours surpris à mesurer combien ses perpétuelles inquiétudes se justifiaient par de perpétuelles menaces.

Il méritait les hommages de ses concitoyens sans jamais accaparer le moindre avantage, la moindre sinécure. C’était pour lui une forme de pudeur, de convenance et une question de principe impériale desquelles il ne s’est jamais départi, même lorsqu’il était pressé par ses compagnons de se faire reconnaître son glorieux passé de combattant de l’ALN.

Il trouvait sa réalisation dans une débauche d’activité et de travail, intervenant dans tous les débats, sur toutes les questions, se déplaçant et se dépassant sans compter comme une chandelle qui se brûle aux deux bouts.

Au plus fort de la maladie, il puisera dans ses ultimes ressources pour aller dire, aux quatre côtés du pays, cet «Etat» dont les détenteurs lui raniment de toute part des ennemis pour l’attaquer dans son berceau, ressusciter le monstre anéanti pour en faire un nouveau prétexte de tragédie et de ruine, pour dire quels autres effets ravageurs et quels autres moments funestes peut produire ce système sous l’aile duquel les criminels relèvent un front audacieux et les émirs les plus sanguinaires reprennent leurs discours empoisonnés, précurseurs de toutes les abominations.

Un peu comme Robespierre, Hachemi était fait pour combattre le crime et non pas pour accepter qu’on le gère. Le temps est encore loin où des hommes de sa trempe pourront servir impunément leur patrie : ils ne seront que des proscrits tant que les hordes de fripons domineront. Aujourd’hui, hélas, le legs de Hachemi se désagrège. Le MDS est en crise.

Conçue comme alternative pour démanteler les logiques et les modes opératoires par lesquels le système et l’islamisme, solidaires dans leurs intérêts, se reproduisent et se relégitiment, la ligne stratégique du MDS est au centre d’un affrontement presque inexpiable : entre ceux-là qui y tiennent vaille que vaille et ces autres qui s’aventurent dans une realpolitik à laquelle se sont essayés, pour finir en menus morceaux, d’autres partis de l’opposition démocratique, le fossé se creuse où ira s’abîmer tout le MDS !

Il subsistera le souvenir d’un homme au-dessus du commun et l’effroyable disproportion entre lui et ceux qui voudraient s’emberlificoter dans son habit trop grand pour eux !

Communiqué du MDSL:

Quatre années après sa disparition, ses camarades authentiques continuent sa lutte avec la même intensité dans un nouveau cadre, le « Mouvement Démocratique Social et Laïque- MDSL » et ce, depuis le 1er novembre 2008, avec pour ligne politique, la double rupture et la laïcité, pour que l’Algérie sorte de cette crise multidimensionnelle.

Le MDSL invite toutes celles et ceux qui ont connu ce Patriote et qui partageaient son idéal à se joindre au recueillement du dimanche 2 août 2009 à 10 heures au cimetière d’Alger (Miramar- Saint-Eugène), pour un hommage au regretté Hachemi Chérif.

Alger le, 27 juillet 2009,
P/ le comité national de préparation des assises du MDSL.



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