Ils n’avaient pas d’autres recours que de se rassembler devant le ministère de la Défense nationale, leur ministère pour dénoncer l’ingratitude et réclamer des droits. Celui d’être reconnu comme patriote ayant défendu l’Etat autrefois livré au péril vert, en premier.
Viennent ensuite les questions de statut de héros de la lute antiterroriste, de pensions aux blessés et invalides de la guerre contre les forces armées de l’islam politique, de l’époque du mouvement islamique armé (MIA) à celle d’El Qaida au Maghreb en passant par les GIA et le GSPC.
Ceux dont une balle assassine a seulement crevé un œil ou défiguré le visage, l’explosion d’une bombe a emporté un bras ou les deux jambes, la traitrise d’un agent double a provoqué de profonds traumatismes, furent ainsi du rassemblement auquel ont pris part, hier devant le siège du ministère de la Défense, des appelés du service national, des vétérans de l’autodéfense (GLD), des réservistes et d’anciens contractuels de l’ANP.
Un sit-in immédiatement mis sous surveillance policière dont les éléments du maintien de l’ordre ont très tôt bloqué les accès au ministère. Le moindre contact entre cette catégorie de la population et d’autres, notamment celles des familles victimes du terrorisme et de Djazairouna, aurait sans doute gonflé les rangs des manifestants et rendu difficile la gestion de leur mécontentement.
Un million et demi de DA aux repentis
Surtout quand le cri contre la charte pour la paix et la réconciliation nationale se faisait pousser dans un véritable torrent de colère. «Les terroristes repentis bénéficient chacun d’un million et demi de dinars (1.200.000,00 DA) et ceux qui les ont combattus n’ont droit à rien», s’écriaient en chœur les quelques centaines de manifestnts, désolés d’en être venus à rappeler au pouvoir en place son devoir «d’assurer au moins une prise en charge sociale» à ceux qui, aujourd’hui blessés, invalides ou handicapés à vie, hier ont assuré avec héroïsme la sécurité des biens et des personnes.
Plus de 3500 militaires victimes du terrorisme islamiste sont en effet devenus invalides ou handicapés. Sans compter les éléments de la police, les patriotes et les groupes d’autodéfense. Beaucoup de monde à réclamer à l’Etat algérien des pensions allant de 5000 à 12000 DA et la création d’un ministère de la Tragédie nationale et des Victimes du Terrorisme.
Une demande qui restera longtemps sans suite, aussi longtemps que Belkhadem demeure ministre d’Etat et représentant personnel du Président et Bouguerra Soltani membre de l’Alliance présidentielle. L’Algérie de Novembre n’est pas encore née.
Mas Aghilès












