Cité Diar-EChemms, des affrontements entre insurgés et forces de police autrement plus violents que la veille
Les émeutes qui ont éclaté lundi à Diar Chems, dans la commune d’El Madania, ont redoublé d’intensité suite aux affrontements qui ont opposé, hier, les manifestants aux forces de l’ordre. Selon des témoignages recueillis sur place, le calme momentanément revenu dans l’après-midi d’hier n’a duré que le temps de permettre aux insurgés de «recharger les batteries» et reprendre, derechef,leur face-à-face avec des forces antiémeutes venues en nombre plus important relever des collègues épuisés par une nuit d’affrontements avec des jeunes en furie.
Le mécontentement populaire, difficilement gérable comme ce fut le cas deux jours auparavant à Bab-El-Oued, semble inscrit dans la durée depuis, notamment, que des membres du gouvernement font publiquement preuve de fuite en avant. A leur tête Benbouzid, le ministre de l’Education nationale qui se rabat sur les directeurs d’établissements pour suppléer à l’incapacité ministérielle d’instaurer un calendrier scolaire en adéquation avec un nouveau week-end mi islamique mi universel.
Un open à la débandade : des grèves à Kouba, Boumerdès et Constantine, occupation de la rue à Tizi-Ouzou, émeutes à Bab-El-Oued, etc. Le bricolage comme système de gouvernement. D’où ce climat insurrectionnel comme à Diar-Echemms, où «les émeutes ont repris vers 13 heurs lorsqu’un nombre important de manifestants s’est signalé rue des Trois frères Bouadou (ex Ravin de la femme sauvage), à 150 mètres du ministère de la Communication et du siège de l’APS», ont indiqué à lacitedz des témoins présents à l’heure des actions frontales.
Une situation à l’origine du blocage de la circulation, donc de l’insupportable encombrement qui a fait des quartier des Annassers, de Bir Mourad Rais et d’El-Madania le haut lieu d’un calvaire invivable. Un secteur où la police a pourtant tout fait pour interdire l’accès aux voitures et aux piétons. «Parce que les habitants de quartiers huppés veulent maintenir leur progéniture à l’abri de tout risque de contagion», plaisantait, malgré tout, un passant surpris de la tournure prise par les évènements.
Des pneus brulés dégageaient encore leur fumée vers un ciel peu clément ; des pierres et projectiles divers lancés des bâtiments et du milieu de la manifestation endommageaient véhicules de police, devantures de commerce et façades d’édifices publics : un véritable spectacle d’horreur et de désolation. Et les affrontements se poursuivaient encore en cette fin d’après-midi.
Mas Aghilès












