Crime crapuleux : un étudiant et son comparse tuent un retraité à Djelfa
Le sexagénaire assassiné jeudi à Djelfa serait encore en vie si sa pension de retraite suffisait à nourrir ses treize enfants. Il fallait répondre aux besoins des scolarisés d’entre eux et éviter aux sans travail de tendre la main.
D’où sa joie de pouvoir servir comme veilleur de nuit dans un chantier de bâtiment où l’entrepreneur venait d’engager, comme simples manœuvres, un universitaire et un jeune chômeur.Deux personnes sans histoires qui, à l’instar de nombreux jeunes gens de la région, souhaitent gagner leur vie à la sueur de leur front. Surtout si l’entrepreneur n’est pas de cette espèce d’exploiteurs qui s’empiffrent de la sueur des travailleurs. Ceux dont le sobriquet «kassa» (gant de toilettes) renseigne sur le statut de nouveaux riches objets de haines sociales et de rancœur blette.
Sauf que, dans ce chantier, le drame devait venir de là où on l’attendait le moins : les deux jeunes manœuvres perdirent la tête à la vue des fardeaux de madriers parmi les matériaux de construction en stock.
Ils décident de s’en emparer pour les revendre aux entrepreneurs qui en font leur bois de coffrage. Jeudi aux environs de 4 heures du matin, les deux comparses se firent prendre la main dans le sac par El Hadj Daoudi Lekhloufi, le veilleur de nuit qui osa s’opposer aux deux manœuvres en train de voler les fardeaux de bois.
Rien d’autre, donc, que la mort ne les débarrasserait d’un témoin gênant. Une fois le meurtre commis, ils jettent le poignard par-dessus le pont qui mène à la cité des 100 maisons et, pris de panique, pensent pouvoir tromper la vigilance des policiers en les alertant sur la présence d’un corps sans vie au niveau du chantier.
Au moment même où l’un des criminel répondait à l’inspecteur qui l’interrogeait, l’autre décida de ne point laisser de place au suspense en avouant leur responsabilité du crime. Un crime crapuleux.
La dépouille de feu Daoudi Lekhloufi est encore à la morgue de l’hôpital de Djelfa. L’enterrement n’aura lieu qu’après autopsie du médecin légiste actuellement en congé. Son remplaçant de la wilaya de Laghouat l’est aussi.
Ah, si la pension de retraite pouvait mettre à l’abri du besoin la famille Daoudi !
Jelloul Ould Emmou












