Lundi, Mai 21, 2012

Emeutes à Moulilah, les habitants de ce village oublié de Djelfa ont violemment affronté les forces de l’ordre pour… «une question de dignité»


Des affrontements ont opposé des citoyens aux forces de l’ordre hier à Moulilah, un village situé à 25 km à l’Est de Djelfa, dans la daïra de M’liliha, où les habitants venaient de fermer à la circulation la RN 43 «pour une question de dignité» ont indiqué à lacitedz des sources locales.

Les insurgés, mécontents de voir les filles du village rentrer tard la veille, ne pouvaient admettre que le maire eût ordonné le retrait du bus assurant le transport des lycéens de Mlilia, chef lieu de commune où est implanté l’établissement secondaire vers leur lieu de résidence. A fortiori quand ils apprirent que leurs enfants n’auraient peut-être pas pu rentrer chez elles si le proviseur du lycée n’avait pas pris l’initiative de louer un bus privé et permettre ainsi aux lycéennes et lycéens de Moulilah de regagner le domicile familial. Certes bien plus tard que d’habitude, mais le mal venait d’être fait.

L’alerte aurait pu conduire à l’irréparable. Il aurait suffit à l’attente d’être un peu plus longue pour que tout Moulilah mît le cap sur M’liliha. Pères, fils, cousins et voisins de sorte que ni responsables scolaires ni autorités communales n’auraient résisté au fleuve de colère de parents prêts à tout sauf à ce que leur honneur soit bafoué.

Prêts à supporter jusqu’à la misère et la famine mais pas d’atteinte à la dignité. D’où la décision unanime de ne pas laisser impuni «ce comportement irresponsable du maire». Par un rassemblement du plus grand nombre et la fermeture à la circulation de la RN 43, qui traverse de bout en bout le village, le lendemain matin.

L’arrivée vers 8h30 des brigades antiémeutes pour dégager la circulation sur un axe routier aussi important a mis le feu aux poudres. Au mot de trop succédèrent les réactions incontrôlées. Place alors aux affrontements. Un autre cas de mécontentement populaire où, comme à Diar Echemms, la violence des actions frontales sort de l’anonymat un oublié village des hauts plateaux.

Plus tard, dans l’après-midi, 19 habitants, dont des jeunes et moins jeunes, ont été arrêtés par des éléments de la gendarmerie. Seulement treize d’entre eux ont été retenus pour être ensuite relâchés avec, dans les poches, des ordres de présentation, dimanche matin, au tribunal de Hassi Bahbah.

Jelloul Ould Emmou



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