Lundi, Mai 21, 2012

Employés non-voyants des EPIH: pour un revenu à la sueur du front


C’est devenu pour eux presque un rituel, qu’ils assimilent à un acte de désespoir. Eux, ce sont les non-voyants parmi les employés des diverses unités des Etablissements Publics d’Insertion Sociale et Professionnelle des Personnes handicapées (EPIH) (ex-ONABROS), qui, cycliquement, mènent des actions de protestation pour sauvegarder leur outil de travail, le seul que leur triste sort leur permet.

Un outil, source de leurs revenus qu’ils aimeraient bien gagner à la sueur de leurs fronts, sérieusement menacé par l’ouverture du marché national dans la foulée des réformes économiques engagées au milieu de la décennie 90. Au point où nombre de ces unités ont dû remettre les clés sous le paillasson alors que celles encore en activité, très peu, elles seraient sur le point de fermer, elles aussi, le marché national étant submergés de brosses et autres balais de pacotille venus des pays asiatiques notamment mais néanmoins cédés à des tarifs défiant toute concurrence.

Hier et avant-hier, ils étaient des dizaines à battre, encore une fois, le pavé devant la centrale syndicale pour crier haut et fort leur crainte de voir leur entité baisser rideau définitivement.

Quoique cette perspective ait été scellée en date du 28 février de l’année dernière, mettant ainsi fin à l’existence de cet établissement dont la création remonte à fin 1991 (décret 91-535 du 25 décembre 1991).

8000 DA par mois

Et ils s’y préparent en revendiquant, outre le paiement de deux mois de salaires (juillet et août 2009), certains d’entre eux affirmant avoir plusieurs mensualités non encore perçues, la revalorisation salariale selon le dernier SNMG, eux qui ne touchent que 8000 dinars, la possibilité de bénéficier d’une retraite anticipée, d’un départ volontaire, et de bénéficier de prêts dans le cadre des divers dispositifs d’insertion dans le monde du travail pour pouvoir monter leurs propres PME. Ceci en sus de bénéficier de quottas de recrutement dans le cadre de la fonction public ou dans les secteurs d’activités aussi bien public que privé.

Dans ce cadre, ils exhortent les pouvoirs publics à revoir à la hausse ce seuil et à explorer bien de métiers à même de convenir à cette frange comme standardistes ou encore manipulateurs des appareils de radiologie.

Car, pour eux, il n’est pas question de vivre, ou plutôt survivre sur le dos du reste de la société, sous forme d’indemnités et autres actions de solidarité à leur égard, quoique celles-ci relèvent de leurs pleins droits

 



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