Jeudi, Février 09, 2012

Fin de la grève dans l’éducation. «Ce n’est qu’un gel momentané »


A la satisfaction générale, donc, les syndicats de l’éducation ont mis fin à un mouvement de grève qui aura paralysé, trois semaines durant, l’ensemble des établissements scolaires du pays tous paliers confondus.

Si cette nouvelle a été bien accueillie, par les parents d’élèves notamment, il n’en demeure pas moins qu’elle a levé le voile sur une réalité : les syndicats de l’éducation agissent en rangs dispersés et des divergences de fond les opposent même si l’on tente de s’en cacher. « Il est vrai qu’il y a une espèce de décantation qui est en train de se faire au sein des syndicats de l’éducation, mais je ne parlerais pas de divergences », estime Idir Achour, porte-parole du CLA.

« Chacun a un avis à défendre mais une chose est certaine : ce mouvement qui aurait pu aller plus loin, permettra à l’histoire de juger les uns et les autres ainsi que le degré de leur engagement », ajoute-t-il.

Etant le dernier syndicat à avoir annoncé le gel de la grève, le porte-parole du CLA assure néanmoins que «ce n’est là qu’un gel momentané ». « Nous nous préparons d’ores et déjà à d’autres actions » de protestation, a-t-il affirmé ajoutant que d’ici le mois de janvier, si la tutelle ne prend pas en charge leurs doléances, le CLA reprendra le chemin de la protesta. « D’ici là, la tutelle aura le temps d’y réfléchir », a-t-il estimé.

Interrogé sur les raisons qui ont amené son mouvement à suspendre la grève malgré le fait que ses revendications n’ont pas eu d’écho auprès de la tutelle, M. Idir a répondu : « Si nous avons mis fin à notre mouvement de grève, c’est essentiellement parce que nous nous sommes retrouvés seuls qui plus est, dans une situation d’amalgame. A la suite d’un large débat engagé au sein de notre structure, nous avons donc décidé du gel de la grève et la reprise des cours d’autant qu’il y a un manque de visibilité du mouvement ».

De plus, si le CLA a mis fin à la grève, cela n’empêche pas que certains établissements n’ont toujours pas repris les cours, preuve que « le mécontentement est bel et bien là », selon M. Idir pour qui il est impératif de savoir définir l’intérêt de l’élève et qui est censé le lui assurer. Or, considère-t-il, « les parents d’élèves et le ministère de l’éducation ne connaissent pas l’intérêt des élèves ».

Si le CLA a suspendu « à contrecœur » son mouvement de grève, ce n’est pas le cas de l’UNPEF. Ce dernier, assure son secrétaire général, Sadek Dziri, a décidé de mettre un terme à son mouvement après que la tutelle eut en partie accédé à leurs revendications. Celles-ci portent sur deux points essentiels : l’annulation de l’arrêté ministériel n°94-158 relatif aux modalités de gestion des œuvres sociales, et les deux indemnités relatives au rendement des enseignants avec comme condition une application à compter de ce mois de décembre.

Si la première doléance a été satisfaite totalement puisque le département de Benbouzid a décidé purement et simplement de l’annulation dudit arrêté et son remplacement par un nouvel arrêté, celle inhérente aux indemnités de rendement l’a été en partie.

Pour cause, le ministère de l’éducation qui a accepté l’effet rétroactif à compter du 1er janvier 2008, a néanmoins refusé de fixer un quelconque pourcentage arguant que cette question doit être discutée de concert avec la Fonction publique et le ministère des Finances. 



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