Grève des enseignants : les raisons de la colère
Dans les années 1980, Lakhedar Essaihi bénéficia de la plus haute distinction du mérite national au terme d une cérémonie présidée par M. Chadli alors chef de l’état qui avait décidé d’honorer les intellectuels de son pays. Récompenser ainsi ce personnage connu surtout pour son pamphlet à la gloire de De Gaule écrit en 1958 montrait déjà le mépris qu’a toujours eu le pouvoir pour les intellectuels algériens.
Cette sensation de mépris est encore accentuée par l’indécence des montants des salaires des cadres supérieurs de l’Etat et de celui des représentants de la nation jugés pourtant par les grévistes comme totalement inutiles.
Durant l’année 2007, à l’issue d’âpres négociations entre les syndicats autonomes et le gouvernent des accords furent trouvés qui aboutirent à la révision du statut de la fonction publique. Ces accords prévoyaient aussi le relèvement du point indiciaire et l’installation de commissions sectorielles pour mettre au point un régime indemnitaire qui aurait pour date d’effet le premier janvier 2008 et ce, quelque soit la date de signatures des décrets d’application.
Or que c’est il passé ? Pourquoi cette grève ?
Depuis la prise de fonction de l’actuel Premier ministre les commissions de travail furent gelées et une note annula même le principe de rétroactivité des indemnisations .Cela alluma la mèche et l’explosion sociale eut lieu ; le mot d’ordre de grève fut lancé par l’intersyndicale des enseignants dés le 08/11/2009 pour un durée d’une semaine reconductible à échéance. Avec une plate forme de revendications qui portait sur:
1-un régime indemnitaire applicable avec effet rétroactif depuis le 1/01/2008 comme convenu précédemment ;
2- La libération des œuvres sociales de la mainmise d’un syndicat partisan et non représentatif et l’annulation du décret ministériel numero94/58 jugé contraire à la constitution.
3-L’institution d’une médecine du travail prenant en compte les spécificités de la profession d’enseignant.
Apres 10 jours de grèves le gouvernement recula et annula la note qui mit le feu aux poudres et invita les syndicats à se rapprocher de leur tutelle pour reprendre le dialogue. Cette réaction n’était, pour les grévistes, qu’une manœuvre dilatoire, le ministre de l’éducation n’ayant aucun pouvoir de décision. Une grève illimitée fut alors décidée et elle concerne actuellement plus de 80% des établissements scolaires tous paliers confondus. Les quelques rares réfractaires à la grèves débrayèrent à leur tour devant la promesse maladroite et précipitée du ministre d’annuler les imputations sur salaire ;
Des accusations mutuelles sont lancées et l’arrêt des cours continue au grand dam de parents d’élèves instrumentalisés et montés contre les enseignants de leurs enfants accusés à tort de prendre l’école en otage.












