La FNTE menace d’aller vers une grève nationale si la gestion des œuvres sociales lui est retirée
La Fédération nationale des travailleurs de l’éducation (FNTE) de l’UGTA a organisé, hier, un rassemblement national devant la centrale syndicale. Comme à l’ancienne quand, s’appuyant sur sa soumission à l’ex-parti unique et sa complicité avec le syndicat du pouvoir, elle agissait en organisation réactionnaire à l’effet seulement d’annihiler les efforts d’intérêt général et, par conséquent, de se maintenir aux commandes des situations de rente.
D’où le mécontentement de ses responsables ouvertement opposés à la décision du gouvernement d’exclure des prérogatives de la FNTE la gestion du dossier des œuvres sociales, une revendication essentielle des syndicats autonomes de l’éducation, en grève depuis bientôt un mois.
La base, dit-on ici et là, menace déjà d’aller vers une grève nationale et réclame le départ du ministre de l’éducation. « Si nos revendications légitimes ne sont pas satisfaites par la tutelle, la FNTE appellera à une grève nationale dont la date sera arrêtée et communiquée ultérieurement », a d’ailleurs menacé Laid Boudaha, le S/G de ce syndicat plutôt pompier de Benbouzid à chaque fois que s’embrase le secteur de l’éducation.
Comme «l’affaire» des œuvres sociales risque de discréditer la FNTE si ses chefs ne font pas leurs les revendications socioprofessionnelles des syndicats autonomes, Boudaha met les deux fers au feu et tempête : «la meilleure voie pour traduire dans les faits cette volonté de prise en charge des problèmes socioprofessionnels des enseignants est le dialogue et le travail en commun entre les différents syndicats et le ministère de l'Education nationale».
Puis, plus virulent que n’importe quel responsable de syndicat autonome, il appelle à "l'ouverture urgente de négociations pour la concrétisation de la plate- forme de revendications transmise au ministère relative au dossier du régime indemnitaire".
Mais la FNTE, qui ne perd jamais le nord, rappelle sa solidarité avec la Centrale syndicale, partie prenante de la tripartite, pour la satisfaction des « revendications légitimes, portant sur l'augmentation du Snmg à 30 000 DA et l'abrogation de l'article 87 bis de la loi 90-11 », lit-on dans un communiqué diffusé lors du rassemblement devant la maison du peuple.
Parmi ces revendications figurent «la nécessité de remédier aux insuffisances contenues dans les statuts particuliers lésant certaines catégories de travailleurs, la promulgation en urgence des textes d'application des statuts particuliers (en ce qui concerne les dispositions favorables aux travailleurs et hypothéquant leurs carrières), l’allègement du programme et d'assainir le ministère de ses parties responsables de l'anarchie causant des retombées négatives sur les intérêts des travailleurs et la scolarité de nos élèves».
Parmi les personnalités présentes, qui par curiosité qui par intérêt syndical, certaines ont longuement ironisé sur «une vaine tentative de récupérer ce que les syndicats autonomes ont arraché».
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