Les hémophiles dénoncent l’indisponibilité des médicaments
L’Algérie compte près de 3000 hémophiles dont plus de 80% sont des handicapés physiques et sociaux (scolarité ratée à cause des hospitalisations répétées, manque de qualification, chômage, rejet social….), selon l’Association algérienne des hémophiles qui annonce toutefois n’avoir recensé que 150 pour diverses raisons (ignorance de la maladie, non suivi des malades et absence de diagnostic systématiques à la naissance, décès…).
En dépit des progrès médicaux et l’existence de traitements de substitution, l’association des hémophiles souligne que certains actes médicaux peuvent s’avérer fatals pour cette catégorie de la population. Il s’agit notamment de la circoncision. Cet acte chirurgical peut avoir, s’il est mal préparé, des conséquences dramatiques pour le malade. Souvent banalisé, il peut être la cause principale des décès chez les hémophiles (7% selon une étude épidémiologique réalisée en 2006).
Quant aux autres raisons, elles peuvent varier : ignorance de la maladie, absence d’antécédents familiaux d’une part et absence de bilan pré opératoire systématique d’autre part (en l’occurrence le bilan d’hémostase). Les familles désirant circoncire leurs enfants doivent le faire dans un milieu médicalisé, à plus forte raison quand il s’agit d’un garçon hémophile qui doit être circoncis avant ses 3 ans avec un traitement d’accompagnement.
L’association évoque nombreux cas d’hémophiles adultes circoncis, souvent avant leur mariage, entre 2007 et 2009, avec tout ce que cela peut impliquer comme gêne. Et même si la maladie est connue de la personne atteinte, cette dernière est souvent « subordonnée » à la disponibilité des médicaments.
Par conséquent, l’association interpelle pour la énième fois les autorités à l’effet d’assurer une «disponibilité permanente» des médicaments. A l’exception de certaines grandes villes du pays, certaines wilayas connaissent des pénuries persistantes, entre autres les wilayas de Chlef, Ain Defla, Jijel, Guelma, souk Ahras, Mostaganem, Béjaia et Boumerdes.
Conséquence : des malades contraints de parcourir des dizaines de kilomètres à la recherche des médicaments dans un état qui nécessite plusieurs jours d’hospitalisations et donc grande consommation de produits.












